Les semis de tomates en bouteille connaissent chaque année leur pic. Quand faut-il lancer la pousse de ses tomates ? Cette question revient sans cesse, et bien des jardiniers s’y prennent beaucoup trop tôt. Ce n’est pas par manque de bon sens, mais bien parce que les conseils glanés dans les livres et les magazines sèment parfois la confusion. Ici, il sera uniquement question des tomates destinées à être cultivées en pleine terre. Pour les adeptes de la serre, les dates peuvent se décaler de 2 à 3 semaines plus tôt, naturellement. Ce qui suit va vous permettre de calculer la meilleure période selon votre région, mais pour saisir la logique, regardons d’abord ce dont les jeunes plants de tomate ont réellement besoin pour bien démarrer.
Donnez-leur les meilleures conditions de vie possibles
Deux paramètres font toute la différence pour lancer les semis de tomates sur de bonnes bases : la température et la lumière.
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Commençons par la température
Pour que les graines lèvent sans tarder, il leur faut un sol à 22°C : la germination prend alors cinq jours tout au plus. Si la température descend (sans passer sous les 16°C), l’apparition des plantules se fait attendre une semaine, dix jours parfois, et le risque de voir les graines pourrir grimpe. Lorsque les semis ont levé, la croissance idéale réclame une amplitude thermique d’une dizaine de degrés entre nuit et jour, avec un optimum de 15°C la nuit et 25°C la journée. Heureusement, la nature est souple : les plants se débrouillent, même si la perfection n’est pas au rendez-vous. Chez moi, par exemple, les premiers jours, les semis séjournent dans le salon où la température stagne autour de 20°C, nuit et jour. Les résultats restent tout à fait honorables.
Parlons maintenant de la luminosité
La lumière compte encore davantage. Pour pousser sans faiblir, les jeunes tomates ont besoin de 14 heures d’ensoleillement quotidien. Et il ne s’agit pas d’un simple coin lumineux derrière la vitre : il faut du vrai soleil. Dans le centre de la France, cette durée n’est atteinte qu’à la toute fin avril. Pour vérifier précisément la durée des jours dans votre commune, un site web propose un calcul très fiable à ce sujet.
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Petite info : le jour le plus long, c’est le 21 juin, avec ses 16 heures de clarté entre lever et coucher du soleil sous nos latitudes. Les semis de tomates continuent à pousser même avec moins de lumière, heureusement. Mais semer dès la mi-février, alors qu’on n’a que 10 heures de soleil, ralentit sérieusement la croissance. Les plants filent, s’allongent, deviennent fragiles. Un semis posé sur un rebord de fenêtre mal exposé, avec des courants d’air, aura tendance à « filer » : il se développe vite en hauteur, au détriment de la robustesse. Rien d’idéal pour la suite.
Il vaut donc mieux patienter quelques semaines, plutôt que de chercher à anticiper à tout prix les premiers rayons du printemps.
Calcul de la date de semis : le bon moment
Pour placer les jeunes tomates en pleine terre, il faut d’abord s’assurer que tout risque de gel est écarté et que la lumière ne manque pas. Dans le sud de la France, cette fenêtre s’ouvre dès la fin avril. Plus au centre, il faut attendre la mi-mai, tandis que dans le nord, mieux vaut viser le tout début juin. En zone montagneuse, on se base sur la date du dernier gel moyen.
Mais pour déterminer quand semer, il faut raisonner à rebours à partir de la date de plantation en extérieur. Pour cela, il faut tenir compte du temps de préparation des plants :
- La germination dure environ une semaine
- La croissance sous abri chaud s’étend sur cinq semaines
- Le durcissement (sortir les plants le jour, les rentrer la nuit) prend entre une et deux semaines selon la région
- Soit un total de 7 à 8 semaines
En résumé, il faut compter deux mois entre le semis et la mise en terre des tomates. On peut alors fixer la date de semis environ huit semaines avant celle de la plantation.
Prenons quelques exemples concrets :
- Méditerranée, Midi, Corse (zones littorales) : semis dès le 21 février.
- Côte Atlantique (golfe de Gascogne) et vallée de la Garonne : à partir du 1er mars.
- Ouest, sud-ouest et sud : dès le 8 mars.
- Bassin parisien, une partie de la Normandie, le Centre, Limousin, Auvergne et la région Rhône-Alpes : autour du 15 mars.
- Est et Nord, Belgique, Suisse, Luxembourg, zones de montagne : entre le 15 mars et le 1er avril.
Pour faciliter la tâche, une carte détaillée de la France, de la Belgique, de la Suisse et du Luxembourg indique, région par région, les périodes idéales pour semer vos tomates (cliquez sur la carte pour l’agrandir). Il s’agit d’une base, à adapter selon votre microclimat ou l’altitude si vous jardinez en montagne. Certains tiennent aussi compte du calendrier lunaire, en programmant les semis lors des jours « fruits ».
La carte des premières dates pour faire vos semis de tomate
Quels sont les inconvénients de semer trop tôt ?
Anticiper trop vivement le semis des tomates n’apporte pas que des avantages. Plusieurs obstacles apparaissent rapidement :
- Il faut recourir à l’éclairage artificiel pour compenser le manque de lumière naturelle.
- Un chauffage devient nécessaire pour que les jeunes plants bénéficient de températures adéquates.
- Lorsque les plants atteignent deux mois mais que l’extérieur reste trop frais, ils stagnent dans leur pot, puisent dans leurs réserves et s’affaiblissent.
Ce constat revient chaque année. Le vieil adage le rappelle : « Rien ne sert de courir, il faut semer à point ! » Les semis réalisés un peu plus tard rattrapent systématiquement ceux qui ont été lancés en avance, profitant de jours plus longs et de températures plus élevées pour pousser à toute vitesse.
Reste à chacun, selon sa région, à choisir la date qui lui permettra de récolter des tomates vigoureuses et savoureuses, sans précipitation inutile. À quel moment, chez vous, les semis prennent-ils vraiment le départ ?

